Focus ton Article



veilleur1
2026-02-17
Bulletin n° 23    C 1

#Principal :
culture numérique
exemples
inspiration
#Secondaire :
souveraineté numérique
Interêt :
stratégie
Média :
actu
Web
Objectif :
comprendre
savoir
Pestel+ :
économique
politique
technologique

Le secteur des terres rares prend de l’ampleur en France, avec de nouveaux projets industriels qui voient le jour dans le bassin de Lacq, près de Pau. Ces terres rares sont indispensables à l’industrie moderne et à la transition énergétique : on les utilise pour fabriquer des aimants permanents, des composants électroniques et pour la robotique. Face à la domination quasi totale de la Chine sur ce marché, l’Europe ressent le besoin de développer des chaînes d’approvisionnement locales et souveraines.

Où ça se passe et comment c’est organisé Le projet se concentre en Nouvelle‑Aquitaine, dans le bassin de Lacq, à proximité de Pau. Deux installations majeures sont prévues : le projet usine de recyclage des terres rares, porté par Carester (start‑up lyonnaise), et une usine de métallisation portée par Less Common Metals (LCM) Europe, filiale de l’américain USA Rare Earth. Cette proximité géographique vise à optimiser l’efficacité industrielle. Frédéric Carencotte, PDG de Carester, avance que ça pourrait donner naissance à une « vallée des aimants », en référence à la « vallée de la batterie » de Dunkerque. D’après Franceinfo, l’installation Caremag vise une capacité de recyclage de 2 000 tonnes d’aimants permanents par an. Ce recyclage devrait produire 800 tonnes de terres rares annuelles, sous forme d’oxydes de néodyme et de praséodyme. Parallèlement, cette installation régionale intégrera aussi le raffinage des métaux critiques pour obtenir 600 tonnes de terres rares supplémentaires, principalement de dysprosium et de terbium, représentant environ 15 % de la production mondiale. Qui fait quoi et pour quoi Les ambitions reposent sur l’expertise des entreprises impliquées. Carester pilote le projet Caremag, tandis que LCM Europe assurera la construction et l’exploitation de l’usine de métallisation, avec une capacité de 3 750 tonnes. Le partenariat avec USA Rare Earth soulève toutefois des questions sur la souveraineté complète de cette industrie stratégique, malgré la volonté affichée de créer une filière locale solide. Sur place, les terres rares seront transformées en matériaux métalliques prêts à servir à la production d’aimants permanents, indispensables aux technologies émergentes. Cette filière vise à réduire la dépendance aux technologies dominées par la Chine et à renforcer le positionnement industriel de la région. Combien ça coûte et ce que ça rapporte Le projet représente un investissement d’environ 110 millions d’euros, bénéficiant d’aides publiques incluant des crédits d’impôt pouvant couvrir jusqu’à 45 % des investissements. Une aide immobilière estimée à 130 millions d’euros est aussi envisagée pour consolider les infrastructures. Sur le plan local, la création d’emplois est estimée à 92 postes d’ici début 2027. L’installation ne se limite pas à combler une lacune dans l’approvisionnement en terres rares : elle vise aussi à attirer d’autres industriels dans la région, renforçant la dynamique économique du bassin de Lacq.