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2026-02-15
Bulletin n° 23 B 3
#Principal :
exemples
numérique responsable
technique métier
#Secondaire :
entreprise
RSE
Média :
actu
Web
Objectif :
comprendre
savoir
Pestel+ :
écologique
économique
social
technologique
Le numérique est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde (selon l’ADEME) et représente 10% de l’électricité consommée. L’avènement de l’IA avec la construction de data centers toujours plus énergivores va faire sensiblement progresser ces chiffres.
Dans les métiers de services, « l’après Covid » a vu une accélération inouïe de la digitalisation des process et l’explosion des flux numériques dans les métiers du conseil, de l’audit et de l’expertise comptable. Pour atténuer les impacts de ses activités, Forvis Mazars en France a bâti, depuis déjà quelques années, une stratégie numérique responsable et a obtenu en 2023 le niveau 1 de la labellisation “Numérique Responsable” de l’INR ; le niveau 2, plus exigeant, a été atteint en janvier 2026.
Le numérique au service de la stratégie RSE
Le numérique a été intégré dans la stratégie RSE premièrement à travers l’engagement des plus hauts organes de gouvernance de l’entreprise et à travers des formations internes. Les bénéfices sont évidents pour Clément Nicaise, Senior Manager, Conseil Secteur Public : « cela a permis d’outiller notre politique RSE, pour la mesurer, la calibrer et la piloter dans le temps. Nous nous servons du levier numérique – incontournable en matière de transformation – au bénéfice de la RSE et promouvons ces transformations auprès des clients intéressés ». Ces clients ont d’ailleurs de plus en plus de critères d’exigence en matière de RSE : indicateurs d’empreinte carbone, de numérique responsable ; actions de sensibilisation des collaborateurs, etc.
Les collaborateurs sont également impliqués, fiers de l’obtention de certifications, ainsi que par des enjeux professionnels, environnementaux et sociétaux induis. Pour preuve, alors que Forvis Mazars en France a rallongé les durées d’exploitation du matériel informatique, dont l’achat représente 66% de l’empreinte numérique, entre 25% et 30% de la flotte ne trouve pas preneur, les collaborateurs jugeant ce renouvellement non nécessaire, même pour des smartphones dernière génération. La mise en œuvre de la stratégie RSE intégrant un volet numérique a permis de sensibiliser grâce à des actions diverses. L’application interne NetZero Hero permet également aux collaborateurs de calculer leur empreinte carbone ainsi que celle de leurs missions, répondant ainsi à une demande de certains clients. Pour Christophe Tallot, CITO de Forvis Mazars Group : « Il y a une révolution des mentalités et une intégration des valeurs de la RSE ».
Réduire l’empreinte environnementale tout en faisant du numérique un levier d’inclusion et de transformation
L’objectif premier est bien la réduction de l’empreinte carbone du numérique du cabinet. A l’heure du développement de l’IA, Forvis Mazars en France sensibilise les collaborateurs à une utilisation raisonnée et fait par exemple le choix de serveurs moins gourmands en eau et en électricité. Au-delà de l’allongement de la durée de vie des ordinateurs et des téléphones, ceux-ci peuvent être revendus aux collaborateurs après remise en état ou donnés à une association.
Chaque action vise un impact positif en matière environnementale, mais aussi sociale et sociétale. Pour Clément Nicaise, « cela fait partie de nos valeurs d’être exemplaires en la matière et ce renouvellement du business model répond aux exigences du marché. En tant que tiers de confiance, nous devons accompagner nos clients, de plus en plus soumis à des contraintes réglementaires, d’image et de conviction vis-à-vis de leurs salariés et de leurs propres clients ».
Labels et certifications comme preuves de notre engagement
Forvis Mazars en France, labellisée « Numérique responsable », est signataire de la Charte du numérique responsable de l’INR et du manifeste Planet Tech’Care. Il est important d’allier la parole aux actes pour gagner en crédibilité et créer un cercle vertueux où l’entreprise s’adapte à un environnement en évolution rapide, en écoutant les signaux faibles et en adoptant des pratiques responsables. « La mesure de notre empreinte carbone avec nos propres outils et les référentiels les plus exigeants nous engage sur plusieurs années » souligne Clément Nicaise. L’implémentation des nouvelles réglementations européennes, aussi contraignantes soient-elles, est alors un marqueur de ce volontarisme pour les clients.
Les labels et certifications obtenus deviennent un argument commercial, différenciant dans les appels d’offres sur les critères RSE. De quoi être compétitif tout en restant en phase avec les valeurs de l’entreprise. Pour Christophe Tallot, « C’est devenu même obligatoire, si nous ne sommes pas capables de les produire, nous sommes déjà hors-jeu ». Ces certifications sont aussi un moyen de tester des outils internes auprès des clients. Pour Clément Nicaise : « Un label ce n’est jamais une fin en soi. Il marque, à un instant T, notre engagement vis-à-vis de nos clients et permet de gagner en visibilité. Mais nous sommes dans une démarche d’amélioration continue pour rester à la pointe de l’excellence ».
C’est enfin un projet de management : les collaborateurs, notamment les jeunes recrues, sont extrêmement sensibles aux engagements RSE, à l’éthique. Des projets, tels que celui d’accroître la mixité et la diversité dans les métiers du numérique, ou celui de la réduction de la fracture numérique, pour laquelle Forvis Mazars collabore avec les acteurs publics, sont particulièrement fédérateurs.
Données et sobriété numérique
La data est un capital précieux pour une entreprise de services comme Forvis Mazars en France mais dans une entreprise labellisée numérique responsable, comment tirer parti de la puissance des données en tenant compte de l’impact environnemental ?
· Data et impact environnemental
Les réponses apportées par Forvis Mazars sont de trois ordres. D’abord, réduire le volume des données, optimiser la gestion de la data pour en réduire l’impact, par l’automatisation de la collecte et du partage. L’optimisation du stockage et de la transmission permet de limiter son empreinte carbone, avec une meilleure efficacité opérationnelle. Ensuite, faire de la donnée un outil de pilotage de la réduction de l’impact environnemental. Cela nécessite des systèmes avancés de gestion de la donnée. Enfin, engager une révision des pratiques technologiques – développement des applications, choix des prestataires et des fournisseurs – qui reflète l’engagement de l’entreprise à intégrer des critères RSE dans ses opérations. Christophe Tallot : « Nous intégrons une compensation carbone systématique. C’est un élément crucial pour rester compétitif. »
· La sobriété numérique comme un usage raisonné et responsable
La sobriété numérique repose sur un usage juste et raisonné du numérique. L’entreprise joue un rôle clé de sensibilisation, comme le souligne Virginie Savina, Directrice RSE de Forvis Mazars en France : « Forvis Mazars a cette responsabilité de “savoir” et de “faire savoir” en interne auprès de ses collaborateurs, comme en externe,via des interventions dans des écoles/universités/salons, vectrices de messages clés sur le potentiel de l’IA tout en prévenant aussi des impacts négatifs sur l’ensemble de la chaîne de valeur du numérique. » La sobriété numérique doit être pensée depuis la phase d'éco-conception des infrastructures IT, appareils et logiciels, jusqu'à l’utilisation et la fin de vie de ceux-ci. « C’est un triptyque qui doit équilibrer l’aspect financier, environnemental et le besoin de l’utilisateur. Pour nos clients, nous cherchons toujours à associer des gains rapides donnant à voir la transformation à des actions plus complexes de longue haleine montrant l’impact dans la durée » détaille Clément Nicaise.
La rédaction de l’Opinion n’a pas participé à la réalisation de ce contenu