Focus ton Article
veilleur1
2026-02-16
Bulletin n° 23 A 2
#Principal :
exemples
inspiration
numérique responsable
#Secondaire :
collectivités
économie sociale et solidaire
RSE
Interêt :
stratégie
tactique
Média :
actu
Web
Objectif :
comprendre
savoir
Pestel+ :
écologique
politique
social
technologique
Dans les Alpes-Maritimes, une alliance exemplaire s’est nouée entre Côte d’Azur Habitat, principal bailleur social du département, et la Banque du Numérique depuis janvier 2026. Ce partenariat, né d'une situation de crise à gérer, vise à transformer le renouvellement technologique en un levier de solidarité et de développement durable.
Tout a commencé par un incendie dans l'un des 21 000 logements gérés par Côte d’Azur Habitat. Une famille y a tout perdu, y compris l'ordinateur d'un jeune homme de 17 ans en pleine période d'inscription sur la plateforme Parcoursup. Face à cette détresse, les équipes sociales se sont tournées vers un acteur alors méconnu du bailleur: la Banque du Numérique. "De toutes crises peuvent naître de belles histoires", confie Manuel Smadja, directeur général de Côte d’Azur Habitat. Grâce à cette mise en relation, le jeune locataire a pu recevoir un équipement de remplacement, lui permettant de passer son baccalauréat sereinement.
Le numérique : un "droit essentiel"
La Banque du Numérique "c'est le fait de pouvoir donner l'outil informatique comme un droit essentiel, de la même façon que l’alimentation", explique Hélène Guyon. Le collectif, soutenu par la métropole et le département, ne se contente pas de distribuer du matériel ; il propose un diagnostic territorial, une cartographie pour orienter les usagers et un accompagnement humain indispensable.
Une seconde vie pour le matériel informatique
Cette rencontre a poussé Côte d’Azur Habitat à revoir radicalement sa gestion des déchets électroniques. Auparavant, le matériel obsolète finissait à la déchetterie. Désormais, une convention de partenariat assure une transition vertueuse : le parc informatique du bailleur, soit environ 450 ordinateurs ou tablettes renouvelées tous les 5 à 6 ans, est systématiquement cédé à l'association. Pour Manuel Smadja, "cette démarche s'inscrit dans une politique de développement durable globale", marquée par un plan de réhabilitation de 330 millions d'euros sur dix ans. "Il était urgent, à la fois au titre du développement durable mais aussi de la solidarité, de permettre de redonner une seconde vie et de permettre l'accès du numérique à des personnes qui ne pouvaient pas le faire" , souligne-t-il. Cette année, une centaine d'équipements encore performants ont ainsi été donnés.
Un défi rigoureux qui s'appuie sur le bénévolat
Le processus de revalorisation est rigoureux: chaque machine qui passe entre les mains de La banque du Numérique subit un effacement total des données avant l'installation d'un système d'exploitation libre, Linux. En 2025, la Banque du Numérique fait face à une demande croissante, avec plus de 800 sollicitations via les travailleurs sociaux. Pour répondre à cet enjeu, l'association entre dans une phase "d'industrialisation de la réinstallation" et recherche activement des bénévoles pour ses « install parties » solidaires qui se déroulent le samedi.
L'avenir passera également par un déménagement, l'actuel local de 200 m² situé au Marché d'Intérêt National (MIN) de Nice devant être libéré. Hélène Guyon lance d'ailleurs un appel aux opportunités de locaux ou de mutualisation pour continuer à équiper seniors et étudiants, populations particulièrement touchées par la dématérialisation des démarches administratives. "L’humain est au cœur de notre action. Sans l’humain, on ne serait pas grand-chose", conclut Manuel Smadja, rappelant que la lutte contre la fracture numérique est essentielle pour permettre aux citoyens de vivre de façon sereine et positive.