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veilleur1
2026-02-11
Bulletin n° 23    A 3

#Principal :
culture numérique
numérique responsable
#Secondaire :
souveraineté numérique
Interêt :
stratégie
tactique
Média :
actu
Web
Pestel+ :
écologique
technologique

Alors qu'à peine 1 % des terres rares sont recyclées aujourd'hui, l'usine Caremag à Lacq, dans le Béarn, ambitionne de recycler environ 2 000 tonnes d'aimants pour en extraire 1 400 tonnes de terres rares. Le chantier devrait s'achever en août 2027.

À Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, la plus grande usine européenne de recyclage de terres rares est en cours d'installation. À terme, l'entreprise Caremag - qui pilote le projet - ambitionne de recycler pas moins de 2 000 tonnes d'aimants contenant des terres rares. Située sur le site industriel emblématique du bassin de Lacq, l'usine de bientôt cinq hectares va se doter d'équipements capables de traiter les aimants et les concentrés de terres rares, parmi lesquels des broyeurs, des fours, des réacteurs chimiques, des évaporateurs et cætera... Alors que la Chine produit plus de 90 % des terres rares aujourd'hui, ce site "est d'importance stratégique [...] pour que la France se désensibilise par rapport à cette dépendance", souligne le président de région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset. 15 % de la production mondiale actuelle Au total, l'usine devrait produire 1 400 tonnes de terres rares, dont 600 tonnes de terres rares lourdes - soit 15 % de la production mondiale actuelle. "Ce sont des produits essentiels, des dopants pour les aimants les plus puissants qui existent commercialement", insiste Frédéric Carencotte, président de la société Caremag à l'origine du projet. A contrario de ce que leur nom indique, les terres rares ne sont pas si rares que ça. En revanche, elles sont difficiles et coûteuses à extraire. Composées de 17 éléments métalliques, elles servent à la fabrication d'aimants puissants - essentiels dans de nombreux secteurs économiques. Si nous prenons l'exemple d'un moteur électrique, "le rôle de l'aimant en question est de transformer l'énergie électrique en énergie mécanique", illustre l'ingénieur, au milieu des travaux déjà bien entamés depuis mars 2025. Les matières premières proviendront des aimants permanents issus de turbines d'éolienne ou de voitures électriques en fin de vie, mais aussi de concentrés de terres rares provenant des différentes mines. Moins d'1 % des terres rares sont recyclées "La conception de l'usine évite les rejets et des pollutions qui pouvaient exister", se félicite Alain Rousset. Et de fait, moins d'1 % des terres rares sont recyclés à l'heure actuelle, indique l'Agence de la transition écologique (Ademe) dans un article publié en janvier dernier. "L'impact environnemental des aimants recyclés (sur les consommations d'eau, les pollutions...) est 80 % moins élevé", relate l'agence.