Focus ton Article
veilleur1
2025-12-16
Bulletin n° 22 A 2
#Principal :
culture numérique
numérique responsable
#Secondaire :
collectivités
souveraineté numérique
Interêt :
stratégie
tactique
Média :
actu
Web
Objectif :
comprendre
savoir
Pestel+ :
écologique
politique
technologique
Dans les prochaines années, nos décisions seront cruciales pour mettre la révolution de l'IA et du numérique au service de l'intérêt général. C'est l'un des objectifs de l'action du Conseil de l'IA et du numérique, codirigé par Anne Bouverot et Guillaume Poupard.
En janvier 2025, plus de 5,5 milliards d'individus utilisaient régulièrement les réseaux sociaux. L'essor fulgurant des plateformes en ligne pose une question épineuse : comment concilier la présence d'acteurs technologiques tout puissants, au modèle fondé sur la publicité ciblée et des contenus toujours plus engageants et addictifs, avec les exigences d'une démocratie apaisée, d'un débat public de qualité et d'un accès à une information fiable et plurielle ? Depuis quinze ans, cette question a été insuffisamment pensée et le constat est désormais clair : la bataille du numérique est devenue une bataille pour la démocratie. Et celle-ci est loin d'être gagnée.
Le numérique n'est pas le seul facteur de l'érosion de la confiance, mais il en amplifie les maux : 81 % des Français déclarent ne pas faire confiance aux réseaux sociaux. Nous avons franchi un seuil inédit, avec la diffusion en quantité massive de contenus trompeurs, la polarisation du débat public entretenue par les algorithmes, la dégradation de la santé mentale des enfants, les manipulations informationnelles à grande échelle et l'opacité de certaines infrastructures numériques. Ces phénomènes alimentent un climat d'incertitude et de division où la confiance et le vivre-ensemble s'effritent.
Pourtant, le numérique est aussi un puissant levier d'émancipation, d'accès à la connaissance, à la liberté d'entreprendre. Il peut être un vecteur de transparence, de participation citoyenne et d'innovation au service du bien commun. Y parvenir dépendra des progrès technologiques mais aussi de décisions politiques et de choix collectifs de société.
Façonner les sociétés de demain
Publicité
Au cours des prochains mois, les orientations françaises et européennes en la matière seront particulièrement scrutées. Une chose est certaine : nos choix et décisions en matière de numérique aujourd'hui façonneront profondément nos sociétés de demain. Au regard des avancées de l'IA générative et à l'approche d'échéances électorales majeures, les fondements mêmes de nos démocraties seront mis à l'épreuve. Les années qui viennent seront décisives pour nous permettre, collectivement de tirer parti de la révolution de l'IA et du numérique, au service d'un projet humaniste et d'une société prospère.
Lire aussi :
CHRONIQUE - Quand l'IA menace la démocratie
Lancé en septembre 2025, le Conseil de l'intelligence artificielle et du numérique placera son action au service d'un numérique de confiance, innovant, ouvert, au service de l'intérêt général. Nous sommes tous concernés ; les décideurs, en prenant des décisions rapides et éclairées - les acteurs économiques, en première ligne pour faire de l'Europe un continent numérique indépendant - les citoyens, sans qui cette révolution ne saurait aboutir - les chercheurs, associations et acteurs du terrain, dont l'implication revêt un caractère impératif.
Le rôle de l'école
La bataille pour un numérique émancipateur passera par des chantiers multiples. Celle de l'intelligence commence à l'école, aujourd'hui soumise à de profondes reconfigurations liées aux technologies. L'école doit prendre en compte l'IA aussi bien comme objet de réflexion que comme support pédagogique, à la condition que cela se fasse en faveur de la formation et de l'émancipation des élèves. C'est pourquoi, le Conseil consacrera ses premiers travaux au long cours à l'éducation à l'ère de l'IA.
En outre, le Conseil s'attachera à clarifier des sujets technologiques complexes comme les « agents IA » dont le potentiel de transformation des pratiques suscite autant d'espoirs que de craintes. Les autres préoccupations sont nombreuses : protection des mineurs en ligne et accompagnement des citoyens, garantie des libertés fondamentales dans l'espace numérique, impact environnemental des technologies, protection des créateurs, mobilisation des communs au service de la souveraineté ou encore accès à une information fiable et plurielle sont autant d'objets qu'il faut impérativement penser pour bâtir un numérique fidèle à nos valeurs.
Notre objectif est de contribuer à répondre aux préoccupations de toutes et tous. Une consultation citoyenne est lancée : quels sujets traiter en priorité ? Comment percevez-vous les technologies numériques et l'IA ? Quels formats attendez-vous ?
Anne Bouverot est coprésidente du Conseil de l'IA et du Numérique (CIANum) et envoyée spéciale de la France pour l'IA.
Elle cosigne cette chronique avec Guillaume Poupard, coprésident du Conseil de l'IA et du Numérique (CIANum) et directeur général adjoint de Docaposte, et d'autres membres du CIANum :
Antonin Bergeaud, professeur d'économie à HEC Paris.
Marie Cohen-Skalli, co-directrice d'Emmaüs Connect.
Céline Colucci, déléguée générale d'Interconnectés - Réseau des territoires innovants.
Virginie Duby-Müller, députée (Droite Républicaine) de la Haute-Savoie.
Etienne Grass, le global chief AI Officer de Capgemini Invent.
Paul Midy, député (EPR) de Paris-Saclay.
Guillemette Picard, senior vice-présidente de la technologie de production chez Ubisoft.
Constance Rivière, directrice générale du Palais de la Porte Dorée.
Sébastien Soriano, directeur général de l'IGN.
Sophie Thiéry, présidente de la commission Travail et emploi du CESE.
Serena Villata, directrice de recherche au CNRS.
Le numérique n'est pas le seul facteur de l'érosion de la confiance, mais il en amplifie les maux : 81 % des Français déclarent ne pas faire confiance aux réseaux sociaux. Nous avons franchi un seuil inédit, avec la diffusion en quantité massive de contenus trompeurs, la polarisation du débat public entretenue par les algorithmes, la dégradation de la santé mentale des enfants, les manipulations informationnelles à grande échelle et l'opacité de certaines infrastructures numériques. Ces phénomènes alimentent un climat d'incertitude et de division où la confiance et le vivre-ensemble s'effritent.
Pourtant, le numérique est aussi un puissant levier d'émancipation, d'accès à la connaissance, à la liberté d'entreprendre. Il peut être un vecteur de transparence, de participation citoyenne et d'innovation au service du bien commun. Y parvenir dépendra des progrès technologiques mais aussi de décisions politiques et de choix collectifs de société.
Façonner les sociétés de demain
Publicité
Au cours des prochains mois, les orientations françaises et européennes en la matière seront particulièrement scrutées. Une chose est certaine : nos choix et décisions en matière de numérique aujourd'hui façonneront profondément nos sociétés de demain. Au regard des avancées de l'IA générative et à l'approche d'échéances électorales majeures, les fondements mêmes de nos démocraties seront mis à l'épreuve. Les années qui viennent seront décisives pour nous permettre, collectivement de tirer parti de la révolution de l'IA et du numérique, au service d'un projet humaniste et d'une société prospère.
Lire aussi :
CHRONIQUE - Quand l'IA menace la démocratie
Lancé en septembre 2025, le Conseil de l'intelligence artificielle et du numérique placera son action au service d'un numérique de confiance, innovant, ouvert, au service de l'intérêt général. Nous sommes tous concernés ; les décideurs, en prenant des décisions rapides et éclairées - les acteurs économiques, en première ligne pour faire de l'Europe un continent numérique indépendant - les citoyens, sans qui cette révolution ne saurait aboutir - les chercheurs, associations et acteurs du terrain, dont l'implication revêt un caractère impératif.
Le rôle de l'école
La bataille pour un numérique émancipateur passera par des chantiers multiples. Celle de l'intelligence commence à l'école, aujourd'hui soumise à de profondes reconfigurations liées aux technologies. L'école doit prendre en compte l'IA aussi bien comme objet de réflexion que comme support pédagogique, à la condition que cela se fasse en faveur de la formation et de l'émancipation des élèves. C'est pourquoi, le Conseil consacrera ses premiers travaux au long cours à l'éducation à l'ère de l'IA.
En outre, le Conseil s'attachera à clarifier des sujets technologiques complexes comme les « agents IA » dont le potentiel de transformation des pratiques suscite autant d'espoirs que de craintes. Les autres préoccupations sont nombreuses : protection des mineurs en ligne et accompagnement des citoyens, garantie des libertés fondamentales dans l'espace numérique, impact environnemental des technologies, protection des créateurs, mobilisation des communs au service de la souveraineté ou encore accès à une information fiable et plurielle sont autant d'objets qu'il faut impérativement penser pour bâtir un numérique fidèle à nos valeurs.
Notre objectif est de contribuer à répondre aux préoccupations de toutes et tous. Une consultation citoyenne est lancée : quels sujets traiter en priorité ? Comment percevez-vous les technologies numériques et l'IA ? Quels formats attendez-vous ?
Anne Bouverot est coprésidente du Conseil de l'IA et du Numérique (CIANum) et envoyée spéciale de la France pour l'IA.
Elle cosigne cette chronique avec Guillaume Poupard, coprésident du Conseil de l'IA et du Numérique (CIANum) et directeur général adjoint de Docaposte, et d'autres membres du CIANum :
Antonin Bergeaud, professeur d'économie à HEC Paris.
Marie Cohen-Skalli, co-directrice d'Emmaüs Connect.
Céline Colucci, déléguée générale d'Interconnectés - Réseau des territoires innovants.
Virginie Duby-Müller, députée (Droite Républicaine) de la Haute-Savoie.
Etienne Grass, le global chief AI Officer de Capgemini Invent.
Paul Midy, député (EPR) de Paris-Saclay.
Guillemette Picard, senior vice-présidente de la technologie de production chez Ubisoft.
Constance Rivière, directrice générale du Palais de la Porte Dorée.
Sébastien Soriano, directeur général de l'IGN.
Sophie Thiéry, présidente de la commission Travail et emploi du CESE.
Serena Villata, directrice de recherche au CNRS.